Arpège

Aujourd’hui, je vais vous partager un article que j’avais écrit il y a longtemps ! Cet article aujourd’hui, quand je le relis fait un petit pincement au cœur car Arpège représentait beaucoup pour moi ! Il m’a fallut plusieurs semaine avant de pouvoir publier cet article tellement c’était dur..
Certains éléments de cet article ont été retiré pour garder une part d’anonymat en ce qui concerne ma vie privée que je n’ai, pour l’instant, pas envie de partager ! Aussi à l’époque ma façon d’écrire était très différente ahah! sois indulgent(e) s’il te plait 🙂

Je ne vais pas te faire attendre plus longtemps, alors voici la petite histoire d’Arpège

Toute histoire trouve une fin heureuse, je pense avoir trouvé la mienne. Quand tout semblait perdu, quelque chose d’unique s’est offert à moi et il ne me fallait que le courage pour l’atteindre…

J’ai 24 ans. A cet âge on croque la vie, on court après même ! On la vie pleinement… Quand je me suis arrêté de vivre j’avais 22 ans. Étape par la quelle ma déficience visuelle s’est accentué, provocant chez moi une colère. Une colère après moi-même, je n’étais plus capable de vivre comme avant. Grâce à l’aide de mon conjoint et mes amis, j’ai fini par composer ce numéro de téléphone…  je n’en pouvais plus. Rester chez soi, ne pas sortir seule, ne plus être indépendante, sans cesse accrocher au bras de mon ami, les coups de panique dans les magasins… Il fallait que ça s’arrête. Pour moi, ma famille, ne plus être un poids pour moi-même. Être handicapé n’est pas une honte, juste un mode de vie. Mais il m’a fallut du temps pour l’admettre…

Mais donnons une image à la déficience visuelle. Imaginez que vous êtes sur un port et que vous avez un pied sur le ponton et un sur le bateau qui (pas de chance) s’éloigne de la berge tout doucement… Les voyants sont sur le ponton les aveugles voguent dans cet immense espace…

La vérité

Cet appel était la prise de conscience de mon handicap, un appel au secours. Une voix chaleureuse m’accueillit et me proposa sous quelques jours de convenir à un éventuel rendez vous. Les larmes aux yeux, ma fierté en a pris un coup! Les jours ont passés… et l’on m’appela pour me rendre un week-end sur Limoge, pour analyser ma situation.

Il fut constaté qu’effectivement un chien guide était nécessaire pour mes déplacements. Et l’on m’a posé une question :

– Pourquoi un chien guide plutôt qu’une canne blanche ?

– Ah ben, parce que ce n’est pas top ! La canne blanche est froide et sans vie. Le chien est notre ami, notre compagnon d’infortune. Et puis parce que je me souviens d’un ami qui est aveugle qui un jour rentrait au centre de rééducation pour déficient visuel qui faisait son petit bonhomme de chemin, un coup de canne à gauche puis à droite bien élancer et surtout nous étions pressés de rentrer. Une fois arrivé, il replie sa canne et là, il me dit : Eh Me*** ! Effectivement, il en avait plein les mains ! Le bout de sa canne en était recouvert !
Le message était passé ! (Par la suite j’ai découvert que l’on pouvait faire bien plus de chose avec un chien, comme courir parce qu’on est en retard pour aller au boulot ! ahaha!

Nous avons fait un tour en ville et l’on m’a présenté un chien tout noir, costaud et dynamique, un chien nommé Arpège. Les premières minutes ont été fastidieuses, on va dire qu’Arpège était le bœuf et moi la charrue bien lourde à faire avancer! J’avais si peur ! Et cette angoisse permanente m’agaçait  au plus au haut point ! Mais laissa vite place à un sentiment de liberté et d’indépendance. Au final le résultat fut concluant, je pouvais maîtriser « la bête ».

Là j’ai compris qu’il ne manquait plus que lui pour reprendre le cours de ma vie. On a ce feeling lui et moi, il savait ce que je voulais, comme si j’avais été livré avec le mode d’emploi ! Après l’approbation de la commission, il a fallut me « dresser », apprendre les ordres, les dires au bon moment, étudier son comportement et surtout marcher ensemble, harnais à la main 

Et pour mieux me rendre compte, j’ai demandé à ce que l’on me bande les yeux pour ressentir le comportement du chien, ce qui m’a obligé à m’en remettre entièrement à Arpège et ressentir ses mouvements dans le harnais. L’essai fut bénéfique à mon apprentissage.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant marché, ces quinze jours furent intensifs  et plein d’émotions, loin de ma famille! Et enfin arriva la remise… Ce moment que j’attendais tant.

Là j’ai fais la rencontre de la famille d’accueil d’Arpège, des gens gentils avec qui je garde d’excellent rapport ! Des gens doté d’un amour immense, triste de laisser partir Arpège mais heureux de savoir qu’il aurait l’amour d’une famille et qu’il me serait d’une grande utilité. Mais Arpège n’est pas qu’un chien d’utilité, il est aussi mon ami, celui qui voit le flou dans mes yeux, il ressent mes joies, mes peines, c’est un membre à part entière de la famille.

Et nous voilà parti pour un « CDD » de 6 mois avec Arpège ! 6 mois pour lesquels il faudra redoubler d’effort, mettre en application l’enseignement de Mr Luc  (l’homme qui dégaine sa croquette plus vite que son ombre) et Mr Pierre (alias Horatio Kain, l’expert) et me prouver que je n’étais pas « fini ».

Premier week end

Nous voilà chez nous et la première chose que j’ai fais, c’est aller voir un ami qui m’avait soutenu dans mon action et était très sensible à ma situation.
Et là il me voit arrivé avec Arpège, il s’est arrêté net, aussi heureux que moi, il me prit dans ses bras et les larmes aux yeux il me dit : je suis super content pour toi… alors je lui réponds : ça y’est c’est fini, je pourrais venir te voir quand je veux…

Sur ce il me dit : On va fêter ça !
– Oui mais juste un !
Et en riant je lui dis : Tout va bien celui qui conduit, c’est celui qui boit pas ! En faisant référence à Arpège. Et là tout est reparti comme avant.

Quelques poteaux, glissades de marches ou pieds dans l’eau plus tard, j’ai fini par retenir les leçons ! Et au terme des 6 mois me voilà titulaire de mon Permis chien guide !
Arpège et moi étions partis à la conquête de la City ! Une ville pleine de danger à évités 

En famille

Crockette fait un câlin à Arpège
Arpège et Crockette

Arpège aime son confort ! Môssieur, aime sa couette, son coussin et ses deux amis : Crockette et Pollux ! Deux chats issue de la SPA. Crockette est son amoureuse et Pollux son jouet.

Arpège partage son panier avec Pollux
Arpège et Pollux

Nos premières vacances

Après un parcours de santé difficile pour mon conjoint, j’ai décidé qu’il était temps de prendre des vacances ! Nos premières en famille mais aussi avec Arpège !

Arpège qui commence à gagner du terrain sur la serviette de Sam à la plage
Le début du squatte de ma serviette !

Sur la plage, Arpège nous aidait à creuser le trou pour le parasol et avoir un petit coin de frais et une fois allonger sur ma serviette, il venait prés de moi, jusque là tout allait bien. Mais ensuite il se faisait rouler sur le coté alors je lui laissais un peu plus de place, puis il se met sur le dos en plein soleil pour faire bronzette mais à la fin, il était sur la serviette et moi sur le sable… ! Au bout du compte, il a eu sa serviette pour bronzer.

Arpège et la vie professionnelle

Affiche indiquant de ne pas déranger Arpège.

Aussi, il fait l’accueil clientèle, et ayant bien plus de succès que moi, il sait amadouer le client, il était peut être vendeur dans une autre vie ?

En résumé, Arpège à été un soulagement pour nous tous et en faite, entre autre de restituer ce qu’on lui a appris, il fait que nous aimer tout simplement et nous le lui rendons bien. Il a changé ma vie, mon destin, mon avenir. Ça été le coup de foudre et c’est pour la vie.

Voila, j’espère que cet article t’as plu ! Aujourd’hui ce que je peux te dire c’est qu’il me manque beaucoup 🙂 j’aurais un tas d’anecdotes à te raconter bien sur, mais il faudrait presque un article à lui tout seule ahah 😀


Dites moi en commentaire si vous souhaitez avoir un article sur le déroulement de l’obtention d’un chien guide et si vous avez quelqu’un dans votre famille ou ami(e)s qui en possède un 🙂